Fort avec les faibles, faible avec les forts.
Le 27 mars au journal télévisé de TF1, le premier Ministre Gabriel Attal a annoncé le lancement en 2024 d’une nouvelle réforme de l’assurance-chômage visant à en durcir les conditions d’accès.
Fidèle à la politique de casse sociale que mène le Président Emmanuel Macron depuis 2017, le gouvernement de Gabriel Attal va plancher en 2024 sur une cinquième réforme de l’assurance-chômage depuis la première élection du président. Malgré les tentatives de diversion du Premier Ministre, qui prétend « faire bouger un système pour inciter davantage à la reprise d’emploi », il est clair que cette réforme vise simplement à restreindre davantage les droits des chômeurs·ses. Pour l’instant, les mesures envisagées incluent la réduction de la durée d’indemnisation des chômeurs·ses – actuellement fixée à 18 mois pour les privés d’emplois de moins de 55 ans et à 27 pour ceux qui ont cet âge ou plus – et l’augmentation du temps de travail nécessaire à l’ouverture des droits à l’allocation. Pas d’innovation donc, seulement une pierre de plus pour rendre la vie impossible aux personnes déjà fragilisées par le chômage.
Et pour quel résultat ? Pas grand-chose puisque rien ne prouve un impact positif des réductions successives des droits à l’assurance-chômage sur le marché de l’emploi, d’autant plus que, selon France Travail, la majorité des demandeurs d’emplois ne sont pas indemnisés par l’assurance chômage. Il s’agit en réalité de réformes de paupérisation et de précarisation : elles entrainent une baisse du pouvoir d’achat et de la stabilité économique des travailleurs·ses privés d’emploi, rendant plus difficile la recherche d’un emploi. De plus, les études sur la baisse de la durée d’indemnisation montrent que cela contraint les chômeurs·ses à se diriger vers des emplois précaires (CDD ou missions d’intérim) avec de faibles rémunérations. Ces nouvelles mesures s’ajouterons au 15 heures d’activités hebdomadaires obligatoires pour l’accès au Revenu de Solidarité Active (RSA), règle déjà expérimenté dans le Val-de-Marne sous l’impulsion de son président de droite Olivier Capitanio, et qui sera généralisée en 2025. Loin de parvenir au « plein-emploi », ces différentes réformes ont toutes pour réel objectif de faire des économies sur le droit l’assurance chômage.
Une guerre contre nos acquis sociaux.
Ces réformes de l’assurance-chômage font partie intégrante du projet politique libéral mené par les différents gouvernements depuis des décennies : mettre fin à notre modèle social, celui de la cotisation pour la protection contre les risques sociaux (maladie, vieillesse, chômage…), et financer les cadeaux aux plus riches. Leur argumentaire consiste à brandir l’épouvantail de la dette, à l’image de Bruno le Maire, ministre de l’Économie qui essaye de nous faire croire que le système de solidarité crée de la dette en déclarant que « la générosité du système français se paye au prix fort ». Pourtant, lorsque l’on s’y intéresse de plus près, l’UNEDIC ( « union nationale interprofessionnelle pour l’emploi dans l’industrie et le commerce », association chargée de la gestion de l’assurance chômage en France) explique que si la dette de l’assurance-chômage s’élevait à 60 milliards d’euros en 2022, ses recettes excédentaires, financées par les cotisations sociales, lui permettrait de la réduire à 42,3 milliards d’ici fin 2025.
Encore une fois l’argument de la dette est retenu pour s’attaquer aux fondamentaux du modèle de solidarité français. Et pourtant, selon l’observatoire de la justice fiscale, le gouvernement se passe chaque année de près 200 milliards d’euros à cause des « niches » fiscales et sociales pour les entreprises (avantages fiscaux et allègements de cotisations sociales patronales) et de 50 milliards de recettes potentielles par l’absence d’impôts sur la fortune. C’est pour faire ces cadeaux aux entreprises et aux plus riches que le gouvernement fait subir depuis des années une cure d’austérité au pays en réduisant les moyens pour l’École, le logement, la santé, la transition écologique, les services publics locaux etc… Fort avec les faibles, faible avec les puissants voilà le leitmotiv du projet libéral que portent les gouvernements successifs depuis des décennies.