Pour beaucoup, ce début d’année 2024 est particulièrement marqué par la nouvelle hausse des prix de l’énergie, notamment l’électricité qui augmentera de 10 %. Alors qu’en janvier, dans plusieurs régions du pays, la température est passée sous le seuil des 0 °C, de nombreuses associations, dont la fondation Abbé Pierre, alertaient sur la situation des plus de 300 000 personnes qui dorment encore à la rue en 2024. Après une année 2023 où l’inflation n’a cessé de mettre une grande partie des habitants du pays en difficultés, celle-ci ne connaîtra pas de frein cette année, et pire encore, les salaires n’augmenteront toujours pas suffisamment pour la suivre. C’est dans ce contexte, où de nombreux habitants et habitantes de la ville nous faisaient part de leurs nombreuses difficultés à joindre les deux bouts, que la Première inistre Élisabeth Borne a présenté sa démission le 8 janvier et que le 9 Janvier, Gabriel Attal, alors ministre de l’Education a été nommé Premier ministre pour constituer un nouveau gouvernement.

Théoriquement, un remaniement de gouvernement devrait constituer le signal d’un changement de cap politique ou, à minima, de réorientations dans le projet porté par la majorité présidentielle. Pourtant, il n’en est rien, car, après avoir été nommé Premier ministre, Gabriel Attal a constitué un nouveau gouvernement aux impressions de déjà-vu… Sur les 14 ministres du gouvernement Attal, 9 ministres sont issus du précédent gouvernement, et deux sont des anciennes ministres de Sarkozy parmi les entrantes. Dans ce nouveau gouvernement on ne compte que des ministres qui ne vont faire que ressortir les vieilles recettes que sont les politiques ultralibérales, la casse du droit du travail et du service public ou encore les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises. Pire, la nomination de ce nouveau gouvernement ne fait que confirmer le virage réactionnaire qu’a pris le gouvernement avec le vote d’une loi immigration dictée par le rassemblement national et les républicains. Dans ce nouveau gouvernement, cinq ministres s’étaient opposés ouvertement au Mariage pour les couples du même sexe et à l’extension de la PMA aux couples de femmes. Plusieurs d’entre eux avaient même participé aux mobilisations homophobes de la Manif Pour Tous.

Toujours moins de service public !

La disparition des ministères du logement ou de la santé comme ministère de plein exercice est un signal d’alarme de plus sur le manque d’ambition de cet exécutif en matière de service public.  D’autant plus lorsque l’on connaît les difficultés que des centaines de milliers de personnes traversent dans leur recherche de logement et l’état dans lequel se trouve l’hôpital public. Le fait que la ministre de l’Éducation nationale n’y soit pas entièrement dédiée, alors que les syndicats tirent depuis des années la sonnette d’alarme sur les conditions de travail, les moyens et les remplacements constituent une inquiétude supplémentaire. Qui plus est, lorsque la ministre en question justifie la stratégie d’évitement scolaire pour ses enfants en salissant la réputation des professeurs des écoles et en décrédibilisant l’école publique.

Le 16 janvier, en grillant la priorité du discours de politique générale du Premier ministre avec l’organisation d’une conférence de presse, Emmanuel Macron, nous a rappelé qu’avec la Vème République, le chef du gouvernement n’était en place que pour faire appliquer les décisions du président. Dans son discours, Emmanuel Macron a appuyé sur deux termes : « réarmer » et « régénérer ». Même en mettant de côté le registre guerrier du lexique, ces mots doivent interroger. Comment régénérer le pays, en continuant d’appliquer des politiques qui, depuis des années ont démantelé, sapé et diminué les moyens du service public ? Ce sont pourtant ces moyens qui font tenir le pays et qui constituent, pour la puissance publique, le premier outil d’atténuation des inégalités. En tant qu’élu·e·s locaux·ales, nous constatons au quotidien l’impérieuse nécessité du service public et les dégâts des politiques qui s’emploient à le casser depuis des années. Face à ce gouvernement comme face aux précédents, nous continuerons de nous mobiliser pour la défense d’un service public de qualité et de proximité dans notre ville mais aussi, dans l’ensemble du pays. 

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