Nouveau Front Populaire : et maintenant ?
Ces derniers mois ont été chargés d’enjeux politiques pour le pays. Dès le 9 juin, au soir du résultat des élections européennes, nous assistions en une seule et même soirée, à la percée de l’extrême droite en Europe – notamment en France où le Rassemblement National est arrivé en tête – et à l’annonce inattendue de dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République. Cette décision irresponsable de provoquer des élections législatives au début des congés scolaires et moins de 3 semaines après le score historique obtenu par le RN, ouvrait la possibilité de son accession au pouvoir et de l’application de son programme raciste, antisocial et réactionnaire dans notre pays. Cette tendance s’est d’ailleurs confirmée le 30 juin, puisque le RN et ses alliés sont arrivés en tête du premier tour en réunissant près de 10 millions de voix.
Face au scénario catastrophe d’une victoire de l’extrême droite, nous avons assisté à une mobilisation populaire dès le soir du 9 juin, poussant les forces de gauche à se rassembler autour du Nouveau Front Populaire le 10 juin. Le 30 juin, cette coalition a donné de l’espoir à toutes celles et ceux qui redoutaient la victoire de l’extrême droite en la talonnant à quelques centaines de milliers de voix. Le 7 juillet, à l’appel des forces politiques du NFP, des responsables syndicaux et associatifs, ainsi que de nombreuses personnalités, les françaises et français se sont mobilisés pour vaincre l’extrême droite et ont fait mentir tous les pronostics. À l’issue de ce scrutin, c’est le Nouveau Front Populaire qui a obtenu le plus grand nombre de sièges à l’assemblée devenant ainsi la première force parlementaire avec 193 députés.
Si ce résultat est un soulagement, il ne doit pas occulter la crise politique que connaît notre pays, car l’extrême droite continue des inégalités et des difficultés sociales et économique. À l’heure où cette tribune est écrite, aucune majorité de gouvernement ne se dessine à l’Assemblée et le président de la République refuse de nommer Lucie Castets, candidate proposée par le Nouveau Front Populaire pour le poste de première ministre. Ce ce blocage et ses tractations pour empêcher le NFP de former un gouvernement ne fera que renforcer l’idée dangereuse selon laquelle « voter ne sert à rien ». Une telle situation renforce toujours plus le risque de voir l’extrême droite profiter de la frustration, de la résignation et du sentiment d’impuissance pour faire céder le pays aux sirènes de la haine et des divisions. Emmanuel Macron devrait entendre le message envoyé par le résultat : en plaçant le NFP en tête, les français·es ont fait barrage au rassemblement national et rejeté les politiques menées par les gouvernements successifs.
L’espoir renaît.
Malgré la gravité de la crise politique que notre pays connaît, les résultats des élections législatives ont permis de lever l’espoir. Cet espoir s’est notamment exprimé par la forte mobilisation des milieux populaires dans tout le pays. À Ivry, cette mobilisation a permis de faire élire Mathilde Panot, candidate du Nouveau Front Populaire, dès le 1er tour. Au cours de cette campagne, nous avons mesuré l’aspiration à un véritable changement pour mettre fin à des années de politique antisociales et liberticides. Une aspiration qui s’est exprimée à la fois dans les urnes, dans les discussions et dans la mobilisation de centaines d’ivryen·nes au sein d’un comité local du NFP. Nous, élu.es d’Ensemble pour Ivry, soutenons la proposition de Lucie Castets comme première ministre et exhortons les forces qui composent le NFP à se montrer digne de cet espoir en restant unies et en continuant de s’activer pour pouvoir faire appliquer le programme du Nouveau Front Populaire. Plus que jamais, il faut abroger les lois sur la retraite et l’immigration, augmenter le SMIC et les salaires, investir massivement dans les services publics comme l’école et l’hôpital…
Pour vaincre l’extrême-droite et répondre aux urgences sociales et climatiques, il faudra rester unies autour d’un projet politique de transformation de la société et cela ne se fera pas sans mobilisation citoyenne.