Lors d’une visite à Mayotte 11 février dernier, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé l’intention gouvernementale de mener une réforme visant à supprimer le droit du sol à Mayotte.
Moins d’un mois après avoir fait sauter les digues face à la xénophobie et à la remise en cause de l’Etat de droit avec le vote d’une loi dite « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration », un texte écrit avec le concours de l’extrême droite et le plus répressif en la matière depuis 1945, le ministre de l’Intérieur ne perd pas son temps pour proposer une nouvelle mesure xénophobe. Ce nouveau recul, proposé par Gérald Darmanin et appuyé par le Président Emmanuel Macron, consiste à mettre fin à la possibilité pour un enfant né de parents étranger à Mayotte d’acquérir la nationalité française. Cela vient s’ajouter aux premières bases posées par la loi « asile et immigration » de 2018 qui imposaient déjà aux parents étrangers, un minimum d’un an de résidence pour que leur enfant puisse prétendre à la nationalité s’il naît à Mayotte.
Il s’agit d’une mesure contraire au premier article de la constitution qui dispose que « La France est une République indivisible » et qu’ « elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction ». Une telle rupture du droit de la nationalité, qui, comme l’a défendu Emmanuel Macron, ne s’appliquerait qu’à Mayotte et non sur la métropole, revient à mettre en place un véritable régime d’exception. Alors que Mayotte connaît une crise politique et un mouvement de colère face aux inégalités et l’abandon dont ils sont victimes par rapport à la métropole, la seule réponse du gouvernement consiste à proposer une mesure dégradante et vectrice de xénophobie qui écarte un peu plus le territoire mahorais du principe d’égalité des droits en République Française. Cela vient nous questionner quant au statut de l’île qui a défaut de disposer des mêmes lois que l’ensemble du territoire Français à l’air d’être régie par des politiques d’un autre âge aux accents colonialistes. Qui plus est, cette mesure ne répond en rien à la problématique d’effondrement des services publics sur l’île, du chômage, ou de scolarisation, et n’aura pas un impact sur le « phénomène migratoire » que le Président entend « casser » dans un entretien accordé à l’Humanité. En effet, seulement 11% des femmes de nationalité étrangère qui accouchent à Mayotte y sont arrivées lorsqu’elles étaient enceintes. Et les femmes qui viennent accoucher à Mayotte le font le plus souvent parce que le système de santé de leur pays est défaillant. La raison de l’attractivité de Mayotte n’est pas l’espoir d’acquérir la nationalité française, mais bien celui de fuir la misère, les guerres, les oppressions et d’accéder à un niveau de vie supérieur à ceux de leur pays. Concernant son efficacité, rien n’indique que la fin du droit du sol puisse avoir un impact dissuasif, puisque ni les durcissements législatifs successifs avec les nombreuses lois relative à l’Asile et l’Immigration n’ont jusqu’ici réduit le nombre d’arrivées de personnes exilées à Mayotte. Cette mesure ne contribue qu’à dégrader les droits et conditions de vie des exilés et d’encourager l’escalade xénophobe, sur place, et dans tout le pays puisque la droite et l’extrême droite exige avant même son application que la mesure soit élargie à l’ensemble du territoire.
L’égalité pour tou·te·s
La seule solution qui peut répondre aux problématiques qui sont posées par la situation mahoraise est celle de l’égalité, de l’équité et de la solidarité pour tou·te·s. C’est la voix que nous portons à Ivry à travers une politique de déploiement de services publics de qualité et d’accueil inconditionnel. Ce sont ces engagements qui font d’Ivry une ville où nous vivons toutes et tous ensembles loin des discours racistes et xénophobes qui gangrènent la vie politique de notre pays. Nous continuerons de porter un idéal d’égalité dans lequel notre citoyenneté est déterminée par le sol que nous foulons au quotidien et nous donne toutes et tous accès aux mêmes droits. Fort de l’histoire d’accueil et de métissage de notre ville, nous continuerons de nous dresser face aux discours et aux mesures xénophobes.