Gaza : la solidarité doit pouvoir s’exprimer !

Depuis le 7 octobre, le conflit colonial entre Israël et le peuple palestinien a franchi de nouveaux caps dans l’horreur. Après les attaques terroristes perpétrées par le Hamas, qui ont coûté la vie à plus de 1 200 personnes, l’État d’Israël a lancé l’offensive la plus meurtrière depuis 2006 sur la bande de Gaza. À l’heure actuelle, plus de 35 000 personnes, dont un tiers d’enfants, ont péri à cause des bombardements et plus de 80 000 personnes ont été blessées. Plus d’1,7 million de Palestiniens ont été contraints de quitter leur foyer vers les zones dites « de sécurité » annoncées par Israël. Pourtant, à Gaza comme à Rafah, plus aucun endroit n’est sûr. La ville de Gaza est en ruine : hôpitaux, écoles, réserves de ressources… Rien n’a été épargné par les frappes aériennes. Les réfugiés gazaouis sont en proie à la famine, sans encadrement médical suffisant. La situation est si dramatique et préoccupante que le 24 mai, la Cour internationale de Justice a ordonné à Israël d’arrêter « immédiatement » l’offensive militaire.

Des atteintes aux libertés publiques.

Dans notre pays comme à travers le monde, des citoyens, des syndicalistes ainsi que des personnalités politiques et publiques prennent la parole. Nombreuses sont les voix qui réclament le cessez-le-feu, la fin des bombardements sur Gaza, et dénoncent les crimes de guerre commis par l’armée israélienne. Des rassemblements se sont organisés portant les mêmes mots d’ordre : le respect des droits humains et une paix juste et durable. Ces expressions et mobilisations ont rapidement subi la stigmatisation, assimilées de facto à des positions de soutien au Hamas et aux attaques du 7 octobre par une partie de la classe politique regroupant la majorité présidentielle, la droite et l’extrême droite. Toutes positions contraires à celle d’un soutien inconditionnel aux agissements de l’État d’Israël et de son armée sont marginalisées dans le débat public, voire criminalisées. Dès le 12 octobre 2023, on pouvait par exemple entendre le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin appeler à l’interdiction des « manifestations pro-palestiniennes ». Malgré un recadrage du Conseil d’État, plusieurs rassemblements, y compris des conférences publiques dans des facultés, ont été interdits sous motif de « risque de trouble à l’ordre public », débouchant parfois sur des amendes ou des interpellations des participants. Des étudiants de Sciences Po ou de la Sorbonne ont été réprimés pour s’être mobilisés sur leur lieu d’étude. Aux interdictions de manifester s’ajoutent des procédures judiciaires pour « apologie du terrorisme » à l’encontre de militants, syndicalistes, de candidats ou responsables politiques, à l’instar des convocations de Rima Hassan, candidate LFI aux européennes et de Mathilde Panot, députée de la circonscription et présidente du groupe LFI à l’Assemblée Nationale, ou de la condamnation à un an de prison avec sursis de Jean-Paul Delescaut, secrétaire de l’Union départementale CGT du Nord. Ce type de procédure-bâillon a aussi atteint d’autres champs de la société, comme pour l’humoriste de la radio publique France Inter, Guillaume Meurice, convoqué en commission disciplinaire pour une blague sur Benyamin Netanyahou, Premier ministre d’Israël.

Ces atteintes aux libertés publiques sont des signaux très graves pour notre société. Elles sont un moyen de censure visant celles et ceux qui dénoncent les agissements de l’armée israélienne à Gaza et en Cisjordanie. Elles instrumentalisent la nécessaire lutte contre l’antisémitisme en plaçant un signe d’égalité entre critique de la colonisation menée par l’État d’Israël et antisémitisme. Il s’agit d’une véritable dérive autoritaire. Nous, élu·es d’Ensemble pour Ivry, nous opposons fermement à toute hiérarchisation des vies humaines : la vie d’un·e Palestinien·ne vaut autant que celle d’un·e Israélien·ne et tous les crimes de guerre doivent être dénoncés. Nous réaffirmons notre engagement pour la paix et la justice que nous avons d’ailleurs exprimé au travers d’une banderole affichant : « Gaza, halte au massacre ! Libération immédiate et inconditionnelle de tous les civils illégalement retenus en captivité. ».

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *