Faire face au « budget Barnier »

Le gouvernement Barnier, comprenant des ministres « Les Républicains » et macronistes, succédant au gouvernement Attal qui comprenait, lui, des ministres macronistes et d’autres issus des Républicains, a « découvert » lors de sa prise de fonction un « dérapage » du budget de l’État et de la Sécurité Sociale. Un « dérapage » de l’ordre de 60 milliards d’euros… à l’échelle d’un budget de l’Etat prévoyant pour 2024, 480 milliards de dépenses environ !

Depuis, le débat est ouvert sur les origines supposées de ce « dérapage », et les accusations vont bon train entre ces deux forces politiques. Il s’agit, comme l’avait dit Emmanuel Macron, de « donner un parfum d’alternance » dans la conduite du pays – tout en faisant barrage à un gouvernement du Nouveau Front Populaire, pourtant arrivé en tête lors des dernières élections législatives.

Mais les débats surjoués à l’excès entre les différentes nuances de droite (macronistes, « Républicains » et extrême-droite du RN), qui savent par ailleurs s’entendre lorsqu’il s’agit de conserver le pouvoir, ne doit pas dissimuler l’essentiel. Car toutes ces forces s’accordent peu ou prou sur la solution : réduire drastiquement les dépenses publiques, notamment celles qui bénéficient au plus grand nombre… et malgré l’échec de cette politique, aussi bien d’un point de vue social qu’économique, partout en Europe depuis 15 ans.

Au gré des annonces ministérielles, des pans entiers de notre vie quotidienne menacent de virer à la catastrophe : lundi, il est question de supprimer 2000 postes supplémentaires au sein de l’Éducation Nationale, déjà à genoux ; mardi, on propose de faire les poches des personnes gravement malades, en augmentant le reste à charge des médicaments et des transports de patients ; mercredi, de demander aux hôpitaux un « effort » supplémentaire, alors que des centaines de soignants jettent l’éponge chaque année, et que chacun convient déjà que le système de santé ne tient qu’à un fil…

Et pourtant, ce sont les parlementaires NFP qui sont taxés d’irresponsabilité, lorsqu’elles et ils défendent des amendements qui proposent, non pas de réduire des dépenses d’utilité publique, mais d’augmenter les recettes. Cela passerait par la taxation de certaines grandes entreprises et de leurs actionnaires, de certaines activités aussi lucratives que polluantes, en mettant fin aux niches fiscales les plus coûteuses, ou encore en taxant davantage le patrimoine personnel des ultra-riches – la richesse des 500 plus grandes fortunes françaises a été multiplié par 10 en vingt ans. Car à l’échelle de la décennie, ce sont bien plus les baisses de recettes que la hausse des dépenses qui grèvent le budget de l’État : les exonérations fiscales décidées sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron coûtent ainsi, chaque année, quelque 50 milliards d’euros au pays.

Evidemment, dans ce contexte d’austérité, droite et extrême-droite s’entendent aussi pour s’en prendre aux collectivités locales, c’est-à-dire aux services et équipements publics du quotidien. Le gouvernement, aux abois, prétend ponctionner tous azimuts : en prélevant des recettes fiscales ou des compensations, en amputant le « fonds vert » utile aux rénovations des bâtiments, en augmentant les cotisations retraite des collectivités (tout en ajoutant des jours de carence aux fonctionnaires…).

Dans le cas d’Ivry, ces mesures brutales, annoncées mais non stabilisées, représenteraient jusqu’à 5 millions d’euros de recettes, amputés au budget 2025. Il est pour nous hors de question de voir un tel scénario se réaliser : ni les Ivryennes et Ivryens, ni les agentes et agents du service public ne sont responsables du « dérapage des finances publiques ». Pas plus qu’elles et ils ont bénéficié des politiques de cadeaux fiscaux aux plus riches. Nous sommes, au contraire, en première ligne de la guerre aux milieux modestes et aux services publics menée par le gouvernement depuis des années.

La contestation de ce « budget Barnier » s’organise, partout dans le pays. Face à un tel enjeu, la majorité municipale, dans sa diversité, prendra évidemment sa part. Nous ne manquerons de proposer aux Ivryennes et aux Ivryens, au personnel communal, des dates de rencontre et de mobilisation !

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