Encore loin de la médaille de l’inclusion.
Cet été, les jeux paralympiques de Paris, ont mis un coup de projecteur sur la pratique handisport et la question de l’inclusion. De l’engouement des tribunes aux débats dans la société, ils ont été porteurs d’espoir pour l’inclusion des personnes en situation de handicap. Passé l’euphorie de l’événement et les promesses de « mesures d’héritage » du président de la République, que peut-on dire sur l’action publique en la matière ?
D’abord, la France est loin d’être exemplaire. En 2023, après avoir été saisi par plusieurs associations de défense des droits des personnes en situation de handicap, le Comité Européen des Droits Sociaux (CEDS), institution du Conseil de l’Europe, condamnait la France pour manquement à ses obligations sur les droits des personnes en situation de handicap. Le CEDS affirme que « la liberté et la dignité des personnes en situation de handicap sont entravées » notamment en matière d’accès aux « services d’aide sociale et aux aides financières », aux « services de santé », aux « bâtiments et des installations », aux « transports publics », concernant « l’intégration sociale et la vie de la communauté des personnes handicapées », et « l’inclusion des enfants et adolescents handicapés dans des écoles ordinaires ». Malgré cette victoire symbolique et l’organisation dans la foulée d’une nouvelle Conférence nationale du handicap, aucun signal fort n’a été envoyé. Au contraire, le gouvernement Barnier formé en septembre ne comprenait aucune délégation dédiée aux droits des personnes en situation de handicap. C’est la mobilisation des associations qui a forcé la nomination d’une ministre déléguée. Avec cette nomination d’urgence, Michel Barnier a sauvé la face, mais les inquiétudes persistent. Le projet de loi finance, actuellement débattu au parlement, est un projet d’austérité qui prévoit d’immenses économies sur les dépenses publiques. Ces moyens soustraits aux services publics, ce sont autant de politiques concrètes pour améliorer l’inclusion et l’accessibilité qui ne pourront pas voir le jour.
Ce manque de moyens est flagrant dans l’éducation nationale, et ce, malgré, les annonces sur « l’école de l’inclusion ». La Cour des comptes a d’ailleurs alerté sur la situation, expliquant que « la politique en matière d’inclusion ne permet pas de couvrir l’ensemble des besoins des élèves de manière efficace et équitable ». Notre ville et notre département sont particulièrement frappés par le manque de place et d’accompagnement pour les enfants en situation de handicap. Dans le Val-de-Marne, c’est environ un quart des enfants en besoin qui ne bénéficient pas de l’accompagnement d’un·e Accompagant·es d’Élèves en Situation de Handicap (AESH), faute d’effectif dans une profession précarisée et abandonnée. Et si la mobilisation des parents d’élèves et de la communauté éducative a permis dans plusieurs cas de faire condamner l’Etat au tribunal administratif, la situation est telle qu’elle devient dangereuse pour les élèves concernés et leur école.
L’inclusion doit devenir une priorité nationale.
Malgré des moyens qui s’amenuisent chaque année à cause des politiques d’asphyxie financière des collectivités menées par les gouvernements successifs, Ivry agit pour l’inclusion. La municipalité accompagne les personnes en situation de handicap et les aidants pour la reconnaissance de leurs droits et a entrepris un travail depuis plusieurs années pour permettre l’accessibilité des équipements et service publics. La semaine du handicap constitue aussi l’occasion de passer en revue l’action municipale en la matière et de prendre cette cause à bras-le-corps.
En France, le principe d’une inclusion et d’une accessibilité généralisée intégrant tous les handicaps n’est pas respecté, alors même, qu’il est inscrit dans la loi pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté » des personnes en situation de handicap depuis 2005. Le handicap ne peut pas être une cause temporaire, portée par des événements sportifs ; il doit être une priorité constante de l’action publique.