Madame, Monsieur,

La grave crise sanitaire que nous connaissons, ainsi que la mise en place des mesures de confinement, ont mobilisé ces derniers jours toute mon attention et mon énergie. C’est pourquoi j’ai tardé à adresser mes plus sincères remerciements aux électrices et aux électeurs qui ont porté, dimanche 15 mars, leurs suffrages sur la liste « Ensemble pour Ivry », que j’ai le plaisir et l’honneur de conduire.

Vous avez été 5570 à accorder votre confiance à un projet démocratique, solidaire et écologique pour l’avenir d’Ivry. 5570 à accorder votre confiance à une liste de rassemblement, sous une dimension à la fois politique et citoyenne ; une liste profondément renouvelée et rajeunie, représentative de notre ville, de ses quartiers ; une liste composée de plus d’un tiers de citoyen.ne.s, désigné.e.s non pas par les organisations politiques, mais par les citoyen.ne.s eux-mêmes.

Je remercie bien sûr le Parti Communiste Français, Convergence Citoyenne Ivryenne, Ensemble !, Génération.S et le Mouvement des citoyens pour leur engagement dans cette démarche inédite, dans laquelle ces organisations politiques ont accepté de se dessaisir d’une partie de leur prérogatives au profit des citoyen.ne.s. Et je salue mes 48 colistières et colistiers, qui ont déployé tout au long de la campagne un dynamisme et une détermination exceptionnelle.

Notre résultat montre que la démarche que nous avons initiée répondait à une aspiration forte de renouvellement des pratiques en politique. Il y a quelques mois, lorsque s’est constituée cette étonnante alliance entre EELV, la France Insoumise, puis le PS (dans l’opposition depuis 2014), de nombreux médias et observateurs extérieurs pariaient sur la chute du « bastion rouge », dans une réduction caricaturale des enjeux de cette élection municipale à Ivry. Dans ce contexte, recueillir 48,66% des suffrages exprimés, avec 26,5 points d’avance sur la liste arrivée en deuxième position à gauche, est un résultat remarquable, et pour beaucoup inattendu.

Mais pour nous, il confirme que nous avons choisi la bonne voie. Celle de l’innovation démocratique, avec l’invention du « Tiers-Citoyen » et la constitution d’une Assemblée citoyenne décisionnaire à toutes les étapes de la campagne, loin des décisions au sommet se prenant parfois contre l’avis des militant.e.s locaux. Celle d’une liste vraiment à l’image de la population, plus qu’aucune liste ne l’a sans doute jamais été. Une liste de candidat.e.s dont la proximité avec la population d’Ivry était de ce fait puissante et déjà établie.

Je ne commenterai pas les propos indignes relayés dans la presse, qualifiant notre équipe ou certain.e.s de nos candidat.e.s « d’indigénistes », « de communautaristes » ou encore m’accusant de faire « alliance avec des figures islamistes et des dealers de drogue ». Ces accusations aussi calomnieuses que dangereuses, visant à diviser les Ivryen.ne.s, ont surtout discrédité celles et ceux qui les ont portées.

Alors bien sûr, certain.e.s ne manqueront pas d’essayer de délégitimer ce résultat, au regard du contexte très particulier dans lequel s’est déroulé ce scrutin. Il est clairement regrettable que seulement 41,3% des électrices et des électeurs se soient rendu.e.s aux urnes, même si ce taux est supérieur à la moyenne départementale, et bien supérieur à ce qui a été constaté dans de nombreuses villes populaires.

Mais si ce premier tour, à Ivry, devait être entaché d’illégitimité par les commentaires de certain.e.s, que dire alors des vingt maires de communes de plus de 5000 habitants élu.e.s dès le premier tour, avec une moyenne de 37,9% de participation ? Comment justifier que le résultat d’Ivry serait moins légitime qu’ailleurs, alors que la baisse de participation par rapport à 2014 y est bien moins importante (5 points) qu’au plan national (près de 20 points) ? Quoiqu’il en soit, si ce processus électoral devait être remis en cause, il faudrait qu’il le soit pour tout le monde.

Au regard des mesures de confinement de la population prises pour enrayer la propagation du Covid-19, le deuxième tour est pour le moment reporté au 21 juin. Cela ouvre une période étrange et inédite, d’un entre-deux tours de plusieurs mois au lieu d’une semaine, période durant laquelle il va falloir continuer à administrer la commune. Comme nous en avons fait la démonstration ces derniers jours, les Ivryen.ne.s peuvent compter sur mon engagement, celui de l’équipe municipale sortante et celui des services municipaux pour les accompagner dans cette période compliquée, assurer la continuité des services publics essentiels et coordonner la solidarité envers les personnes isolées et les plus fragiles.

Dès la crise sanitaire passée, il nous faudra, les un.e.s et les autres, repartir dignement en campagne.

Dans les heures qui ont suivi la proclamation des résultats du premier tour, la tête de liste « Ivry Demain » et moi nous sommes rencontrés à mon initiative, pour discuter d’une proposition de rassemblement formulée par notre liste. Une proposition faite sur la base des résultats du premier tour, respectant les messages exprimés par les électrices et les électeurs, permettant d’enrichir la dynamique de rassemblement tout en conservant la cohérence politique de notre démarche citoyenne, écologique et solidaire. Elle n’a malheureusement pas souhaité y donner suite pour le moment, je le regrette.

Malgré une campagne qui a, comme je le redoutais, exacerbé les divisions, l’enjeu du rassemblement des forces de gauche et écologistes demeure une impérieuse nécessité pour l’avenir, à Ivry comme au plan national. La période d’exception que nous vivons avec la pandémie du Covid-19 souligne l’ampleur des inégalités et des souffrances sociales à combattre. Elle souligne également la nécessité d’un service public robuste, capable de répondre aux besoins du plus grand nombre en temps de crise mais aussi en temps normal, particulièrement dans le domaine de la santé. Elle démontre, enfin, la fragilité de l’économie mondiale financiarisée face à un choc de ce type.

Le libéralisme que nos gouvernants nous imposent depuis des décennies montre son incapacité à relever ces défis : il est urgent de faire émerger une alternative politique progressiste, sous le contrôle des citoyen.ne.s, pour replacer l’humain au cœur des choix de société !

Ivry, fidèle à son histoire d’innovation sociale et politique, se doit d’être un laboratoire de ce rassemblement : soyez assuré.e. de mon entière détermination à le construire.

Très sincèrement,

Philippe Bouyssou
Maire d’Ivry-sur-Seine
Tête de liste « Ensemble pour Ivry ».

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